Francis Capet (Fr)


Fading figures — fading heart

Francis Capet

pour moi la sculpture sur bois n’est jamais loin du bûcheronnage et des travaux de la forêt. de la nature et du monde réel.

Influences :
Arts premiers – Arts en marge aussi, Sol LeWitt, Giuseppe Pennone, Richard Long,
mes premières réalisations en plâtre étaient directement inspirées par la « Venus de Lespugue » (une copie du musée de l’homme à Paris) mais on y a vu une parenté avec Jean Arp
chez nous, … Bob Verschueren, Gesves en mai, Sites en Ligne à Silly, l’atelier 340, l’académie d’été à Libramont, ..

outils
mon outil préféré est l’herminette, plate. J’ai pu bénéficier d’un stage avec Aimé Mpane à l’académie d’été à Libramont, avant ça avec Bomavé Konaté, invité par l’école des arts, c’est à lui que j’ai acheté trois herminettes de tailles différentes, faites au burkina Faso, Le fer est forgé à partir de lames de camionette, il est constitué d’une lame et d’une douille. Pour le manche il faut donc trouver un bois fourchu dans le bon angle et dont les deux parties se trouvent dans le même plan, la douille permet de détacher facilement le fer du manche, et de le remettre dans un autre plan, permettant un accès à des endroits plus difficiles. L’herminette se manie à une main, on tient la pièce de l’autre, en la déplaçant. Attention les doigts!
le coup enlève assez peu de matière et,comme un rabot, met en évidence la beauté du bois,
j’en aime beaucoup le son, et quand on travaille en groupe, on crée une belle musique

la couleur
c’est important en sculpture
j’ai une aproche très timide et tâtonnante.
Dans son livre « bleu » (une histoire de la couleur bleue) Michel Pastoureau mentionne qu’à l’origine ( p,ex dans les arts premiers) « rouge » signifiait « couleur », j’esssaie d’expérimenter cette approche.

kaolin
minérai utilisé dans les rites funéraires
je ne l’utilise pas seulement pour la couleur, mais aussi pour ajouter un élément minéral.
blanc – minéral – mort (figé, fixé, préservé, éternel)
la sculpture a quelque chose à voir avec la mort (cfr Pierre Sterckx)

le toucher
pour certaines des oeuvres, la naissance des formes était guidée plus par le toucher que par la vision, donc ces sculptures sont destinées à être palpées plus que regardées.
C’est aussi la mémoire de la position et des mouvements lors de la réalisation,
Sculpter c’est dessiner en dansant.

concernant les « scolytes »
C’est un travail sur les signes et les traces. Ce n’est pas pareil, mais les deux se lisent.
On peut lire et comprendre le sens, on peut aussi essayer de lire et ne pas y arriver.
On peut aussi s’émerveiller devant la beauté des arabesques sans chercher à les déchiffrer. L’un n’exclut pas l’autre.
La différence entre l’écriture et la trace est le caractère intentionnel de la première. Mais la limite entre les deux est parfois floue. C’est donc aussi un travail sur l’aléatoire.
L’écriture qui constitue la base départ de ce travail n’a que quelques mots très simples d’un déterminisme fort simple, mais les variations sont infinies.
L’ensemble est mis en place suivant des règles aléatoires strictes, le résultat n’est pas connu à l’avance.
La répétition donne une autre qualité, une suite nous incitera à y chercher le sens d’une phrase, cette trace organique que le minérai blanc transforme en écriture ?
L’ensemble évoque plutôt une bibliothèque oubliée, un grenier secret où nous retrouvons l’univers de nos souvenirs que nous n’arrivons plus à lire.

L’inspiration, la méthode et l’aléatoire
je préfère travailler de façon méthodique. Déterminer un processsus de réalisation, puis l’appliquer méthodiquement. Impliquer l’aléatoire, définir le processus (le concept), accepter le résultat.

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